THE END!

Après un peu plus d'un an de blogging sur cet espace, il est temps de se retirer d'ici calmement étant donné qu'ailleurs "les cieux du blogging sont plus cléments".
Merci à tous ceux et à toutes celles qui ont animé cet espace par leurs commentaires et leur présence. Parfois le virtuel crée des liens qui dépassent parfois le réel et d'autres fois ces mêmes liens se matérialisent par de belles experiences et comme disait la Maman d'Hannibal Lecter :"dans la vie il faut faire des experiences".


C'est désormais réellement une bouteille pleine de belles choses jetée dans l'océan du net.


L'unique refuge de l'artiste dorénavant sera ici:

DOKTORIX

Ad tal heure

# Posté le samedi 14 avril 2007 07:06

Modifié le samedi 14 avril 2007 15:15

SAINT HAMZA DE MADAGH : le saint patron des ignorants (2)

SAINT HAMZA DE MADAGH : le saint patron des ignorants (2)
(...) Un peu plus loin, un jeune homme en costume cravate, cheveux laqués et regard perçant vend trois feuillets (imprimés) des precepts de la tarriqua à 2 Euros. J'en profite pour prendre quelques brochures (vous avez bien lu : des brochures !) sur la tarîqa .

Dans la salle de la zawiya, bien que l'orateur fasse l'apologie du soufisme en général et de la tarîqa kadiria en particulier, il ne manque pas d'assener l'habituel « le socialisme est mort parce qu'il abolissait la personne et le capitalisme est voué à l'échec car il abolit le TAKAFUL (entraide) ». Je constate de visu que nombre d'étrangers (bien que le mot perd un peu son sens dans ce capharnaüm) suivent attentivement le discours : deux quadra français à ma gauche, un espagnol à ma droite...Joli Melting pot ! Les femmes sont bien entendu à l'arrière de la salle et ont des voiles aux couleurs de l'arc en ciel.

Dehors on vend de tout : de la bouffe chez l'épicier du coin et chez la bonne douzaine de marchands ambulants qui se sont alignés en aval de la zawiya, des Tassabihs (chapelets) en myriades, les croyances locales font même état d' « endoctrinement par les chapelets »......la masse de chapelets expliquerai peut être alors la masse de disciples ?

Du business, que du business....

Près du (Très) Grand hangar nouvellement construit, j'ai trouvé (en vrac) un peintre entrain d'exposer dans un stand, de l'huile d'argan a 100DHs le litre (même prix que sur le net), des gandouras à profusion ainsi que beaucoup de livres soufi (très peu d'ibn Arabi). Le Mouloud devient ici un Moussem comme les autres....

Le lendemain, il pleuvait comme vache qui pisse et, étant donné qu'on est dans une ferme, on patauge dans la gadoue.....un temps de chien ! Partout, pas moyen de bouger sans avoir 3 kilos de boue sous les chaussures. Trempé (et pas trompé) mais décidé je me dirige vers le hangar. Le parking (qui doit bien faire dans les 1000m/200m) est plein à son comble. Il doit y avoir un minimum de 100 à 150 autocars venus de toutes les parties du royaume (et un nombre incalculable de voitures particulières). On peut lire : Laâyoune, Errachidia, Ouerzazat, Mohammedia, Tanger......Certains bivouaquent même entre deux autocars malgré le mauvais temps. On entend toutes sortes de dialectes et de langues : Rifain- soussi- dialectal (accent chamali, gharbi et cherki)-français anglais espagnol....et de l'arabe classique bien sur.

Le hangar est plein à craquer. Certains disciples (voltigeurs) ont déjà finies leurs transes et se sont affalés. D'autres y travaillent ou ne font que chauffer le tempo de la litanie « Allah.....Allah....Allah. » en continu. Parfois , bien sur, l'un d'entre eux "saute au plafond" ou "crie sa beauté intérieure". Les gens qui m'entourent sont des gens simples venus de partout, des enfants et beaucoup de jeunes.

Les « autres » ont élu place bien au chaud et au sec dans les habitations jouxtant la zawiya pour faire leurs « Hadra » (transe). Des "videurs" barbus sont postés à la porte : c'est sur invitation ou sur carte. Bref, c'est une veillée soufi très privée et « capitaliste » autour de la zawiya et plutôt « socialiste » dans le grand hangar où on a laissé les "bouzebbal" faire leurs transes...

Tout ce beau monde doit forcément manger. Les plus démunis, je les ai retrouvé pressés comme des citrons dans l'un des escaliers attenants aux cuisines de la zawiya, tels des chats attendant les poubelles d'un restaurant, une centaine de personnes dans cet espace contigu entrait par petits groupes dans une salle pour dîner. Que du couscous ici....
Ailleurs, dans les maisons, ce sont de " gros" plats qu'on sert : viande aux amandes, poulets...etc.

Un nombre impressionnant de gendarmes et de forces auxiliaires entourent la zawiya et le hangar. En outre l'allée de la zawiya est pleine de « M » rouges assez soignées. Le gouverneur de Berkane et fiston chéri du Cheikh et ses potes ne peuvent sous aucun prétexte rater le festin.



La présence du cheikh est fantomatique. On l'annonce partout et pourtant il n'est nulle part ! Plus tard, il fera une brève apparition (très brève) ici et là. Seuls ses privilégiés auront droit « à leur part » du Cheikh et de ses Mystérieuses « barakates ».

2/De bizarres precepts :

Parmi les piliers de la tarîqa, deux en particulier vous interpellent outrageusement :

*1er : « La visite du Maître (cheikh) est un des piliers de la voie spirituelle »
*2eme : « L'amour et l'avarice ne peuvent jamais se retrouver dans un même c½ur »

En bref, le cheikh demandes à ses disciples de sortir leurs .....chèques . De venir (tous et sans exception) et de donner (« ja ou jab »).

Le don et la visite (ziyara) sont ce qui fait que à cette période les fonds (hibbates) pleuvent –et c'est peu dire- sur la zawiya.

Des hibbates de partout (du palais- de l'étranger- de sociétés- de particuliers- ...). Un de mes proches me confie qu'il a une invitée qui a été chargée de remettre de la part d'un certain BENJELLOUN de casa la modique somme de 1.000.000 Dhs et un titre foncier d'une villa a Casablanca comme Hîba. Il faut donner lorsqu'on aime. C'est le mot d'ordre. Peu ou prou, il faut donner à l a zawiya !!

3/ On dit..... :

Les anciens de la région vous le diront, les boutchiches à l'époque ne roulaient pas vraiment sur l'or. L'ancien Cheikh (papa de l'actuel gourou qui lui-même est papa du futur gourou) était même réputé pour son détachement des choses terrestres. Son grand père était un fervent résistant de l'oriental contre le colonialisme français.

Aujourd'hui, le cheikh, outre son avion privé et son coiffeur particulier (qu'il fait diligemment venir en avion pour lui ciseler la barbe même lorsqu'il se trouve en déplacement ailleurs : casa rabat..) possède un FIEF qui s'étend sur plusieurs centaines (voir millier ?) d'hectares à Naîma (30km à l ouest de oujda), Madagh et environs, Laayoune (orientale à 80km de oujda)...

Son fils est en outre, l'actuel gouverneur de Berkane (appui patent des autorités) et sa famille a une aura et une influence locale indéniable. Il vous suffit d'afficher un quelconque lien de parenté avec les kadiri boutchiches pour que tous vos désirs deviennent réalités, que ce soit à Berkane ou à Oujda.

On dit aussi que le Cheikh possède (quelque part dans l'immens"éitude" de ses terres) un gigantesque Entrepôt où sont stockées outre ses récoltes, ses hibbates classées par catégories : fruits secs, condiments, légumes, machines,....

Par ailleurs, du fait même de son concept, le système des hibbates rend la fortune réelle du cheikh impossible à matérialiser et à chiffrer. Outre les avantages fiscaux que cela présente, cela a aussi l'avantage de la discrétion, étant donné que le tout « appartient » à la zawiya.
En clair, même le magazine Forbes s'y casserait les dents, mais la fumée en dit long sur le feu. Tout cela tandis que la route qui mène à Madagh et à la zawiya reste cahoteuse et sinistrée, que le village reste assez modeste et que je patauge dans la gadoue au milieu d'illuminés en tout genre et de tout horizon.
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# Posté le jeudi 05 avril 2007 08:33

SAINT-HAMZA-DE-MADAGH : Le saint patron des ignorants (1)

SAINT-HAMZA-DE-MADAGH : Le saint patron des ignorants (1)
En faisant le trajet vers Oujda je n'avais pas vraiment d'objectif précis vis-à-vis de mon voyage. Bien sur j avais vu les reportages et les articles sur la tarîqa et la zaouïa de Hamza boutchiche. J'avais aussi entendu toutes sortes d histoires sur le même hamza. Alors voici le florilège des boutchiches comme ils sont pas comme on les voit sur la télé.....

1/Le portrait du maître vivant:

Madagh j y avais jamais mis les pieds. Un petit village perdu entre Berkane et saidia. Que des fermes aux alentours, c'est le coin le plus fertiles de l'oriental. A 14km siège le fief de la zaouïa qadiria boutchichia.

Samedi soir (la veille du mouloud donc), on arrive a madagh. Au croisement qui mène à la zaouia un barrage de gendarme. On nous demande d'où nous venons alors qu'un officier derrière celui qui nous parle note les réponses que nous lui donnons. En entrant dans lze fief du cheikh, ce qui m impressionna c est le nombre de voitures et de gardiens de parking. A côté de çà Marjane c'était un parking de quartier ! Des voitures et des autocars à perte de vue, à droite, en haut à gauche à droite....On se gare devant une toute nouvelle et immense battisse : un gigantesque hangar qui abrite la « lila ». En pratique c'est un hangar de disciples qui sautillent et psalmodient. C'est çà le dikhr. De temps en temps l'un d entre eux « saute au plafond » ou « émet de drôles de sons », parait que c'est cela ce qui se passe quand le bonheur intérieur obnubile le disciple. Pour moi çà ressemble au mieux à de la mauvaise comédie, au pire à un début de névrose de masse.

Je débarque ensuite devant plusieurs stands dans la zaouïa (a proprement parler) et qui vendent divers articles, entre autres des photos. Que des photos de sa sainteté. Que du cheikh hamza. Il n'y en a que pour lui.

Je demande le prix d'une photo moyenne avec cadre au vendeur. Il est occupé a discuter avec un espagnol du prix d une autre photo. J'observe l étalage bizarre de figures jeune et moins jeune du même homme, tantôt la barbe noire tantôt blanche mais toujours bien ciselée et le regard toujours imposant. Un détail me choque, au tout milieu de ce florilège de photos de hamza boutchiche, une toute petite a été placée au centre, elle n'est pas de lui : c'est une photo du roi.
Le vendeur a fini, il me demande par quelle photo je suis intéressé. Je lui montre. Le verdict est sans appel : Le minois de notre cheikh en format 30/20 coûte 200DHs !!!!

(à suivre)

# Posté le mercredi 04 avril 2007 14:14

Criminel d'écrire de si beaux poèmes!!!!!

Criminel d'écrire de si beaux poèmes!!!!!
Tu ne ressembles à personne depuis que je t'aime.
Laisse-moi t'étendre parmi les guirlandes jaunes.
Qui inscrit ton nom avec des lettres
de fumée parmi les étoiles du Sud ?
Ah laisse-moi me souvenir comment
tu étais alors, quand tu n'existais pas encore. [...]
Maintenant, maintenant aussi, petite,
tu m'apportes du chèvrefeuille,
et jusqu'à tes seins en sont parfumés.
Pendant que le vent triste galope en tuant des papillons
moi je t'aime, et ma joie mord ta bouche de prune.
Ce qu'il t'en aura coûté de t'habituer à moi,
à mon âme esseulée et sauvage, à mon nom que tous chassent.
Tant de fois nous avons vu s'embraser
l'étoile du Berger en nous baisant les yeux
et sur nos têtes se détordre
les crépuscules en éventails tournants.
Mes paroles ont plu sur toi en te caressant.
Depuis longtemps j'ai aimé ton corps
de nacre ensoleillée.
Je te crois même reine de l'univers.
Je t'apporterai des fleurs joyeuses
des montagnes, des copihues,
des noisettes foncées, et des paniers
sylvestres de baisers.
Je veux faire avec toi
ce que le printemps fait avec
les cerisiers.

(extrait, L'AMOUR EN RIME)

# Posté le dimanche 25 mars 2007 20:18

Quand le soleil meurt...

Quand le soleil meurt...
Un ciel vermeil endolori par les affres de la souffrance de journées parties. Vermeil comme ces bleus que l'on oublie dans une quelconque partie de son corps, et que l'on découvre dans une semi-torpeur quand la douleur nous les rappelle. Un ciel aux couleurs du jour agonisant.....on sent presque le hoquet et le souffle haletant dans la couleur crémeuse des rares nuages en partance pour un autre horizon, pour un autre soleil.

C'est mon heure préférée du jour, et à chaque fois que je pense à celà je repense au petit prince de saint exupery :"tu sais quand on est tellement triste on aime les couchers de soleil".....suis je triste alors? Suis je un ersatz de joie, un résidu de sourire ou de rire coincé dans une mémoire embuée , un truc qui reste amèrement, longtemps après que le rire ait disparu, longtemps après que le sens des réalitès ait repris le control du rêve, après que l'enfant aigri se soit prostitué joyeusement dans les rues de l'âge adulte concupiscent?????

J'aime les couchers et c'est bien la seule chose dont je puisse clairement dire que la vie serait différente sans elle! Je regarde le ciel à cette heure letale et le sens du sens n'a plus qu'une illusion d'authenticité. La vérité n'est pas ce ciel ou ces couleurs: la vérité est la tristesse de ma contemplation!

Le ciel passe sans me voir, il s obscurcit, il se rembrunit, il s efface, il dispârait...Si au moins il pouvait me tomber dessus! Il part pour un autre horizon, une autre contrée où le soleil regne en maitre, là bas au delà des limites de mon regard, où le soleil brille éternellemnt, où il n'y a jamais de coucher......le pays du bonheur eternel. Je n'aimerais pas y être, j'en suis sur!

Maintenant, il n'y a plus que noir et silence. Je n'arrive pas à me décider à me lever, mes membres ne repondent pas. Le temps dans ma mémoire est figé. Il est figé sur ces couleurs du crépuscule. Figé sur cette demi-mort et cette demi-vie. Je sais que sans moi il s'en va là bas au loin, il s'en va dans un endroit ou je ne suis plus ou mes souvenirs sont morts et où les couleurs n'existent plus.....je n'arrive pas à le suivre. Il n'y a rien qui puisse vous tuer plus que de ne plus pouvoir suivre le temps: çà signifie que vous êtes déjà mort!!!!!

Alors lourdement, mon être pleure, mon corps pleure....mes yeux sontsecs biensur mais là bas tout au fond il y a des larmes et quelque chose brisée. Mes membres m'emmenent déjà vers un autre jour, j'y vais tel un zombie dans la pénombre, j'y vais avec les gestes automatisés d'un robot, j'y vais avec la conscience stupide que le temps que j'atends est celui là même qui me tue...........lentement et surement.

Tiens.....un autre jour!

# Posté le dimanche 11 mars 2007 18:53

Modifié le samedi 07 juillet 2007 00:29